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 {De Henry Holland à Anne Holland} Aux absences les plus longues, les retrouvailles les plus exquises

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◆ DATE D'ARRIVEE : 08/05/2014
◆ MISSIVES ENVOYEES : 57

MessageSujet: {De Henry Holland à Anne Holland} Aux absences les plus longues, les retrouvailles les plus exquises Dim 11 Mai - 20:18


    Le 15 mars de l'an de grâce 1469,
    Château d'Angers,
    Royaume de France.



    Chère sœur,


    Il me tarde ces retrouvailles autant qu'à toi.

    Je n'ai pas suivi ton avis au sujet de la charmante Miss Bartelmy et je ne t'en demande pas pardon. La faute à ta dernière lettre et à ses derniers mots. Trop d'ambiguïté fouette trop l'imagination. Tu sais que je n'aime pas lui mettre la bride ni me contenter de songes creux. Et ta demoiselle d'honneur avait de quoi satisfaire les appétits ouverts.

    En revanche j'ignore ce que devient ma fille et peu me chaut. Epargne-moi les nouvelles la concernant à l'avenir. C'est par ton fils que notre famille perdurera. Si ce n'est par le nom, ce sera par l'âme et le sang. Ta fierté m'assure qu'il sera digne de ses ancêtres. Je te sais forte ma sœur, assez pour lui apprendre le maniement de certaines armes fort utiles. Mais il doit savoir les manier toutes. Aussi, toute mère aimante que tu sois, ne le ménage pas trop et laisse-le devenir un homme.

    Quant au bouc qui te sert de mari, je t'en débarrasserai comme de l'autre. A moins que tu ne me devances, ma tendre sœur... Néanmoins, s'il devait se permettre trop de privautés avec toi ou ton fils, la Manche et les armées d'York ne suffiront pas à le sauver.

    Ces armées que nous nous préparons chaque jour à affronter ici. Je sais comme le temps doit te paraître long parmi les traîtres et les chiens avides. Il en est de même pour nous. Les armes sont fourbies, les hommes entraînés, les tractations vont bon train mais nous rongeons tous notre frein à ne pouvoir pas encore traverser la mer pour rendre la couronne aux Lancastre. Mais peut-être l'occasion nous en sera-t-elle bientôt donnée si je me fie aux dernières nouvelles qui nous sont parvenues.

    Puisse la sorcière continuer de semer aussi visiblement ses mauvais sorts : chacun divise un peu plus les Yorkistes. La détestation qu'elle récolte va finir par nous en faire une alliée malgré elle...

    Continue de m'aimer fort ma jolie sœur. Et hâte-toi de me revenir mon ange : l'encre décidément m'impatiente à marquer ton absence.



    Henry.
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◆ DATE D'ARRIVEE : 04/09/2013
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MessageSujet: Re: {De Henry Holland à Anne Holland} Aux absences les plus longues, les retrouvailles les plus exquises Mer 14 Mai - 18:34

Anne ∞ Henry

Le 31 mars de l'an de grâce 1469,
Westminster,
Angleterre.
Tendre Henry,
Il me plaît d'apprendre que ton affection pour moi ne se dégrade pas avec le temps et la distance. Je vois que tes habitudes également ne changent guère, mais que puis-je y faire. Nous sommes des Holland et moi-même je ne résiste pas au plaisir si délicieux de la chair. Miss Bartelmy a dû passer un bon moment entre tes bras, j'espère qu'elle n'a pas été trop peinée en te quittant. Si oui, alors Dame Fortune se tient à ses côtés, car elle sera là quand tu liras cette lettre. Quant à mes mots, je sais et je suis désolée qu'ils t'aient troublés. Moi qui pensais que rien ni personne ne pouvait ébranler le cruel Henry Holland, me voilà déçu, mais soulagée à la fois !

Ta dureté face à ta progéniture me peine. C'est en partie de ta faute si cette jeune fille qui est la tienne n'est qu'un faible objet de torture pour mon fils. As-tu seulement pensé à ce qui aurait pu se produire si tu t'étais immiscé dans sa vie ? Au lieu d'épouser le fils de la sorcière, elle serait de notre côté ! Je me mords la langue de te parler ainsi, toi mon aîné. Que veux-tu, elle est tout de même de mon sang et je ne puis rester de glace face à l'admiration sans faille qu'elle voue à la Woodville tandis qu'elle te haie, toi, son propre père. Je ne m'étends pas davantage sur le sujet. Il serait idiot de se disputer à ce sujet à travers nos lettres.

Je ne peux m'empêcher de sourire lorsque tu évoques ton neveu. Cet enfant te ressemble plus qu'à son propre père ! J'en suis heureuse d'ailleurs. Il sera vraiment un homme merveilleux. Quant à me mettre un peu de côté pour le laisser s'épanouir, ni compte pas. Après tout il est encore jeune et je préfère qu'il reste près de moi au lieu de partir se battre pour une cause qui n'est pas sienne. Car oui, James ou le bouc comme tu te plais à le nommer n'hésiterait pas à détourner notre héritier de la voie de la raison. Malheur à lui s'il y parvient. Heureusement que Ralph est bien dressé contre ces chiens d'York et de tous ceux de leur espèce.

Ah ... ce souvenir ne me sort jamais de l'esprit. Lorsque j'ai vu ce ... ce ... je ne saurais trouver les mots, étendu par terre et mort, mon coeur m'a paru se reconstituer. Ton amour et tes talents m'ont sauvé la vie et je t'en serai éternellement reconnaissante. Cependant, rien ne presse et mon mari n'a pas besoin de mourir pour l'instant et crois-moi, quand le moment sera venu, je me délecterai seule de son trépas.

Ces bonnes nouvelles m'enchantent ! Mon bonheur s'accroît au fur et à mesure que les lancastres s'arment et se munissent pour écraser ces insectes qui pourrissent le pays. Cependant, je dois bien avouer que le roi Edward est bien plus plaisant que ce fou d'Henry et que l'ambiance à la cour est plus légère que sous Margaret d'Anjou. Ne m'en veux pas, tu connais mon caractère et une femme reste une femme. Si seulement, ils pouvaient tous mourir autant qu'ils sont pour nous laisser le champ libre. Après tout, nous avons autant le droit qu'eux de monter sur le trône d'Angleterre et je compte bien y arriver !

Certes Elizabeth est la femme d'Edward IV, cependant n'oublies pas qu'elle était une lancastre auparavant. On ne change pas sa nature en se mariant ou en prétextant changer d'allégeance. Ne l'ai-je pas fait moi-même et ne suis-je pas toujours au service de la « méchante reine » comme on la surnomme par ici ?

Somme tout, les ennemis que tu cites sont le fruit de la propagande de Warwick. Le KingMaker est plus ambitieux que jamais et la trahison de son royal cousin lui reste en travers de la gorge. Comme je te l'ai dit, la rumeur court qu'il compte marier sa fille aînée à George, duc de Clarence. Pauvre Isabel, elle ne sait pas ce qui l'attend.

J'ai moi-même hâte de te revoir mon frère. Tu me manques et je me sens lasse de ne pas pouvoir apercevoir ce visage qui est si cher à mon coeur. Quand comptez-vous rentrer en Angleterre ? Le prince de Galles va-t-il bien ainsi que sa mère ? Margaret d'Anjou a-t-elle donné des ordres à mon endroit ? Je ne sais que faire, je n'ai aucun ordre de sa part et cela m'inquiète. Il me semble néanmoins que nos retrouvailles sont pour bientôt. Je prétexterai un voyage en France pour le mariage de Ralph. Ce n'est qu'une excuse bien peu crédible, mais ils ont beau me soupçonner, ils ne peuvent rien contre moi.

Je t'achetai de t'aimer davantage que maintenant. Cette lettre me rappelle que tu es loin de moi et cette réalité me fend le coeur. Je ne peux m'empêcher de te haïr de ne pas oser ta vie pour venir me voir. En effet, mon existence est morne et monotone sans toi. Je songe déjà à nos retrouvailles et au baiser que je pourrai déposer sur ta joue.

Ta chère et bien-aimée,
Anne.



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Dernière édition par Anne Holland le Dim 18 Mai - 8:53, édité 1 fois
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◆ DATE D'ARRIVEE : 08/05/2014
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MessageSujet: Re: {De Henry Holland à Anne Holland} Aux absences les plus longues, les retrouvailles les plus exquises Ven 16 Mai - 16:07

    Le 9 avril de l'an de grâce 1469,
    Port de Harfleur,
    Royaume de France.


    Ma chère sœur,

    J'apprécie l'attention : me renvoyer la même charmante messagère qui avait déjà si bien rempli tous ses devoirs la fois dernière. A mon endroit. Mais pas au tien : si tu as pu croire qu'il te suffisait de quelques mots pour m'émotionner, alors c'est qu'elle ne t'a pas tout dit. Ou que trop d'années ont passé depuis la dernière fois que nous nous sommes vus. Je suis homme d'actes, pas de paroles.

    Et c'est précisément la raison pour laquelle ma fille fait aussi bien de rester dans le giron des traîtres. Je n'ai aucune sympathie pour ces faibles qu'il faut mille fois dorloter pour qu'enfin ils consentent à faire honneur à leur sang. Elle a tout hérité de la York hors la chevelure. Elle pourrait aussi bien ne pas porter notre nom : pour ce qu'elle en fait, à mêler le sang des rois à celui des roturiers... Et vois ! Ta sollicitude envers elle n'y changera rien. La voie que tu lui offres lui paraît sans doute trop difficile, et cette petite cruche profite seulement de tes attentions sans jamais compter t'en rendre le moindre compte. Oublie-la.

    Je suis heureux des nouvelles que tu me donne de mon neveu. Elles confirment l'impression qu'il me fait par ses propres lettres. Ton époux ne saura pas mâter ce garçon-là. Mais par tous les diables, Anne, laisse-le se confronter à d'autres. Il a treize ans déjà, ce n'est plus un petit garçon et il n'a rien d'un faible. Ou dois-je te rappeler ce qu'il en était de moi à son âge ?
    Ta férocité à l'égard de ton époux et de nos ennemis m'enchante.

    Mais j'ai dû mal à croire que les mots que j'ai lu au sujet de notre roi Henry VI et de la reine Margaret viennent bien de toi. Une pointe de sympathie pour nos ennemis, ma sœur ? Sans doute ai-je mal saisi le sens de tes phrases...
    Puissent-ils tous mourir oui..
    Mais je ne m'en satisferai pas à moins qu'ils ne goûtent avant à l'amertume. La cendre, le sang et les larmes dans leurs bouches.

    Tes nouvelles au sujet de Warwick me plaisent. Etre trahi et humilié de la sorte par le roi qu'il a fait... L'ironie est douce. Je caresse l'espoir de le voir un jour ramper à nos pieds. A moins de cela, hors la résignation, il est perdu. Mais il l'était depuis qu'il a pris le parti des York. J'ignorais qu'il voulait marier sa fille au duc de Clarence. Isabel ne sera pas la seule à tomber de haut je crois. Si George est vraiment prêt à trahir son propre frère, alors il ne vaut rien comme allié. Personne ne se rangera derrière un homme tournant le dos à sa propre famille. Pas même les York.

    S'il m'était possible de traverser la mer instamment, je te rejoindrai. Je t'aurais rejointe plus tôt même s'il m'était possible. Ce ne sont pas les York qui m'en retiennent mais le devoir au service de la rose rouge. Plus que jamais la Reine a besoin de chaque homme à son service. Elle se porte à merveille : forte et déterminée comme toujours. Quant à son fils le Prince de Galles, il bout de partir reprendre son héritage et hacher les yorkistes. Ne te fais pas de mauvais sang quant aux ordres de Sa Majesté. Des plans doivent être dressés en fonction de la nouvelle situation. Tu recevras bientôt de nouvelles lettres je pense.

    Puisse-tu te montrer une mère attentionnée et rejoindre vite les côtes françaises pour le bien du mariage de ton fils. Que tu fasses pâlir les femmes de France en regard de toi. Que tu soumettes leurs hommes. Que je goûte à ta grande affection. Et que je te rende la mienne.

    Il ne sera plus besoin de lettre bientôt.

    Henry.
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◆ DATE D'ARRIVEE : 04/09/2013
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MessageSujet: Re: {De Henry Holland à Anne Holland} Aux absences les plus longues, les retrouvailles les plus exquises Dim 18 Mai - 8:59

Anne ∞ Henry

Le 17 avril de l'an de grâce 1469,
Edimbourg,
Ecosse.
Mon frère,
Comme tu peux le voir, je suis actuellement en Ecosse auprès de mon abject de mari qui a décidé de rendre visite à la cour de James III. Leurs coutumes sont bien plus barbares que les nôtres et Dieu seul sait à quel point je déteste la grossièreté. Un peu de raffinement sur cette Terre ne peu pas faire mal et à mon grand malheur, je suis tombée dans l'endroit le moins courtois que je connaisse. Le temps y est également horripilant, il ne cesse de pleuvoir et la boue use tout mes vêtements. Je sais que James a manigancer cela pour m'irriter. Je le déteste et il me le revaudra !

Pour cesser de parler de mes soucis futiles et également pour te répondre, les années ont passé et il est vrai que peut-être ton souvenir s'efface peu à peu, remplacé par un songe flou de notre existence passée. J'essaye constamment de me remémorer lorsque jadis nous pouvions nous voir autant de fois que nous le voulions. Malheureusement, ces sept années de séparation ne font que m'entraîner dans un gouffre noir et bien triste. Seules tes lettres parviennent à faire resurgir ces souvenirs. Cependant, n'oublie jamais que je sais exactement qui tu es et que ces années ne m'ont pas fait oublier ton impulsivité. J'ai toujours été la plus intelligente de nous deux, la plus hypocrite. Grand bien me fasse, je peux ainsi continuer à vivre en Angleterre et non pas en France. Et bientôt cela sera possible pour tous les lancastriens !

Quelle amertume dans ces mots mon frère ! Cela me peine que tu sois si enclin à délaisser ta propre chair. Or, je ne dirais plus rien sur ma nièce. Elle a déjà subi assez de tourments pour son âge. De par son sang de York et par les vices de mon propre fils.

Cet enfant est réellement le même qu'à ton âge et c'est justement cela qui m'inquiète. Je ne voudrais pas qu'il se retrouve égorger sur un champ bataille à cause d'une témérité trop grande. Il n'a pas encore ni ta force ni ton expérience et contrairement à toi, il n'a pas de père pour le guider. J'essayerai néanmoins de te satisfaire et de moins le dorloter.

Je n'ai jamais dit qu'ils ne devaient pas mourir, au contraire cela me comblerait plus que n'importe quelle autre chose sur cette terre. Cependant, j'admets volontiers que je m'amuse davantage à la cour du bâtard d'York. Ce n'est pas un mal, juste la vérité. Quant à mes propos sur nos légitimes souverains, ils sont tout aussi réalistes. Henri VI est fou. C'est un fait et rien ne peux le démentir. Cela ne m'empêche cependant pas de vouloir son retour sur le trône ou plutôt celui de notre reine.

En effet, Warwick est perdu et sa chute aux enfers à empirer depuis que le York a croisé cette traîtresse sous un chêne. Dire qu'avant nous étions amies Elizabeth et moi. Décidément, on ne peut vraiment se confier à personne en ce monde, pas même à ses plus proches alliés. Même George trahit sa propre famille pour le pouvoir. Or, il semblerait d'après certaines rumeurs qu'il soit le vrai prétendant au trône et non ce bâtard d'Edward.

Ainsi ton devoir envers la rose rouge t'empêche de venir me retrouver ? Soit, je ne dirai mot alors. Je comprends ce dévouement que tu entretiens pour nos maîtres et je tacherai d'étouffer la jalousie qui s'empare de son coeur et de mettre cette colère au service de notre cause. Comme le fait notre très chère reine. J'admire son courage et sa détermination et il me semble que mon fils et le sien possèdent la même envie d'écraser ces chiens d'York. Ces nouvelles me réjouissent. J'attends avec impatience de ces nouvelles, en attendant je me délecte des conflits familiaux et matrimoniales de nos ennemis.

Mes dames de compagnies ont bientôt terminées de faire mes valises. Je laisserai mon fils aux bons soins de nos cousins du Pays de Galles. Ils prendront toujours plus soin de Ralph que mon mari. Je n'ai aucune confiance en lui.

Il n'y a aucun doute que je ne ferai qu'une bouchée de ces Françaises écervelées et de leurs hommes trop faibles. Comme tu as dû le faire avant moi.

Te sentir contre moi sera ma plus grande joie en sept années.

Anne.



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◆ DATE D'ARRIVEE : 08/05/2014
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MessageSujet: Re: {De Henry Holland à Anne Holland} Aux absences les plus longues, les retrouvailles les plus exquises Dim 22 Juin - 18:29

    Le 15 mai de l'an de grâce 1469,
    Château d'Angers
    Royaume de France

    Ma chère sœur,


    Ne prends pas ombrage du délais qu'a pu mettre ma réponse à te parvenir. Ton messager et moi nous sommes croisés plusieurs fois avant qu'il ne puisse me remettre ta lettre, la faute à de nombreux voyages qu'il a fallu faire pour le service de notre Reine.

    Si tu souffres toujours des Highlands, penses aux côtes françaises que tu rejoindras bientôt. Les excès y sont inverses, aussi suis-je certain qu'ils te plairont.

    Quant à mon neveu, je suis sûr que tu te féliciteras plus tard de ne pas l'avoir trop protégé, quand il sera au rang de ceux qui gagnent les batailles et non de ceux qui y meurent. L'expérience que tu me prêtes ne s'est pas faite par miracle. Mais tu fais bien de le confier à nos cousins de Galles plutôt qu'à ton époux. Et pour ce qui est de le guider, je pourrai sans doute participer dès lors que nous aurons regagné l'Angleterre.

    On ne suit pas un roi par plaisance ou facilité, mais parce qu'il est légitime. Ta loyauté t’honore ma sœur, et j'en ferai part à notre Reine. Son fils le Prince de Galles, promet d'ailleurs de devenir un souverain remarquable.

    Je gage que tu sais avec quelle délectation, certains d'entre nous ici attendent de voir Warwick passer la mer pour s'agenouiller devant qui de droit. Et Georges est un fou en plus d'un traître à sa famille s'il croit y gagner sa couronne. Qu'Edward soit bâtard ou pas peu me chaut. Toute sa famille ne vaudrait pas un chien depuis qu'elle a usurpé le trône. Souffle bien sur les braises de leur discorde. Du reste, je n'ai probablement guère besoin de t'encourager, je sais comme cela doit t'amuser fort. Je regrette de ne pouvoir y assister.

    Je pars pour le Château d'Ambroise dans deux jours. Fais moi parvenir tes lettres là-bas et dis à ton messager de m'y attendre s'il ne m'y trouve pas.
    Nous nous y retrouverons bientôt. Puisse ta beauté effacer bien vite le souvenir trop pâle que je conserve de toi.

    Henry
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◆ DATE D'ARRIVEE : 04/09/2013
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MessageSujet: Re: {De Henry Holland à Anne Holland} Aux absences les plus longues, les retrouvailles les plus exquises Dim 20 Juil - 10:01

Anne ∞ Henry

Le 20 juin de l'an de grâce 1469,
Edimbourg,
Ecosse.
Henry,
je peux vous assurer que j'ai bien eu la peur de ma vie pendant que je vous écrivais cette lettre. Dieu sait que je suis d'habitude d'une discrétion infaillible en ce qui concerne notre correspondance, car si jamais quelque personne la découvrait, ma tête ne serait plus sur mes épaules. Or, dans ma tâche, j'ai fauté. En effet, je ne m'attendais pas à l'arrivée de James dans mes appartements ! Lui qui ne vient plus depuis un certain temps, voilà que totalement soûl, il a débarqué pour je ne sais quelle raison dans ma chambre. Bien entendu ce même jour, je n'avais pas fermé la porte à clé. Heureusement que j'ai eu la présence d'esprit de cacher la lettre dans un livre avant qu'il n'ait pu la voir. Je ne vous conte pas la suite, cela importe peu. Bien entendu je ne vous tiens pas rigueur du temps que votre lettre a mis du temps à me parvenir. Les temps sont difficiles.

Oh, la France me donne envie de la côtoyer. Son raffinement m'attire comme le miel attire les abeilles. Il me tarde de rejoindre ses côtes pour vous revoir et pour découvrir cette terre qui m'est malheureusement inconnue. Je suis extrêmement déçue de ne pouvoir emmener mon fils avec moi pour qu'il vous rencontre après sept ans d'absence, mais il serait dangereux qu'il vienne. Je veux le préserver de toute sorte de danger. Or, vous comprendrez qu'il est mon seul et unique enfant. S'il venait à mourir, je serrais anéantie.

Pour rien au monde je ne trahirais la confiance de ma reine. Il me serait bien difficile de me tenir en face d'elle en sachant mon péché. Contrairement à Elizabeth Woodville, qui semble très bien s'en contenter depuis cinq ans. Le rang de reine lui fait croire qu'elle est à l’abri. À mon humble avis, elle ne fait pas une aussi bonne souveraine que Margaret. Et en ce qui concerne son fils, ici tout le monde le surnomme le « Prince Noir ». De ce que j'en sais, mes cousines Anne et Isabel se plaisent même à se raconter des histoires au sujet de notre reine, de son roi et du prince de Galles. C'est d'un drôle !

Quant à Warwick, ne soyez pas aussi pressé de le voir se mettre à genoux. Il n'a pas encore dit son dernier mot. Et si le parlement acceptait de passer la couronne à George ? Certes, notre victoire n'en serait que plus assurée, mais non moins incertaine. Cependant ne te détrompe pas, j'attends sa perte avec une impatience grandissante. Qu'il se retrouve à genoux devant nous me rendrait folle de joie.

Me voilà sur le point de partir sur le territoire Français. Ralph est déjà bien loin de moi et cela me brise le cœur. Cependant, l'espoir de vous retrouver adoucit cette perte. Je ne tarderais pas à vous revoir au château d'Amboise.

Tendres bises,
Anne.



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